Songe à la douceur
de Clémentine Beauvais

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Auteure : Clémentine Beauvais
Editeur : Sarbacane
Parution : 2016
Genre : Roman
ISBN : 2848659084

Résumé : Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?
Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Mon avis :

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Ce livre est pour moi une nouvelle aventure. Il s’agit tout d’abord d’un roman adressé à la jeunesse, écrit en vers avec une mise en page et une typographie particulières. On retrouve des sortes de calligrammes dans le récit, c’est superbe ! Cela peut rebuter, mais alors quel dommage ce serait de passer à côté !! Même moi au départ j’étais sceptique « c’est quoaw çaw ? ». C’est un vrai défi que je me suis lancée. Eeeet… jackpot ! Oui les enfants, Tatie Goupile a eu un vrai coup de cœur ! Un véritable coup de foudre pour cet histoire d’amour ! Meeeeuh non ce n’est pas gnangnan, meeeuh non ce n’est pas que pour les filles ! Alors je dis dommage que l’auteure mette ce livre dans la catégorie jeunesse, dommage que cette auteure mette un peu trop de flonflons sur la couverture qui pourraient rapidement faire dériver les yeux de certains potentiels lecteurs sur d’autres livres. Mais je dis oui à cette superbe mise en page ! Car il est loin d’être aussi naïf qu’il paraît !

Alors tout d’abord il est bien de savoir que cette histoire n’est pas réellement inventée par Clémentine Beauvais. Songe à la douceur reprend le récit et les personnages d’un roman également écrit en vers sous le nom d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine, livre rédigé au début du XIXème siècle. L’auteure s’inspire donc de la trame pour la mettre à notre époque ! Je trouve l’idée formidable j’ai tout de suite pensé au film de Baz Luhrmann Roméo+Juliette avec Léonard Dicaprio.
De ce fait j’ai beaucoup ri, il y a un tel décalage, dans ce livre. J’avais l’impression de lire un classique mais avec des expressions plus sincères, plus actuelles, plus crues que cela m’a fait, oui… rire (mais dans le bon sens on s’entend bien hein !). Je suis peut-être bon public, j’ai peut-être un humour particulier mais je vous jure que j’ai rigolé plus d’une fois ! Car l’écriture est belle, les vers sont originaux, les évènements sont sublimes, l’histoire d’amour est tragique mais les sentiments, les pensées sont sans pudeur. Ils utilisent également les moyens de communication d’aujourd’hui. Imaginez Monsieur Darcy dans Orgueils et préjugés vous parler comme un adolescent du XXIème siècle. Alors un petit texto de Monsieur Darcy ^w^ ?
Je vous arrête tout de suite : cette lecture n’est pas compliquée ! Ça se lit très rapidement, on le dévore, on se laisse porter. La plume est belle mais en même temps très très accessible. Je l’ai lu en une après-midi et j’étais très triste d’avoir terminé… snif que lire après un tel ouvrage ?!

Alors comme le résume si bien le résumé, il s’agit de deux adolescents qui se retrouvent 10ans plus tard dans le métro parisien. Et par moment nous revenons en arrière pour comprendre leur amour passé. On va connaître leur première aventure et finalement savoir qui ils sont. Je me suis moi même surprise de ne pas particulièrement avoir aimé les personnages principaux et pourtant j’ai adoré cette histoire… En effet, on n’a pas envie de leur ressembler (même si je me suis retrouvée dans les deux… autoflagellation haha) ! Les protagonistes ont des personnalités bien dépeintes. On les connaît bien c’est pourquoi on s’autorise je pense à les détester et à la juger. On est dans leurs têtes en même temps que certains dialogues et ils discutent parfois même avec l’auteure !! Et ça c’est fort ! Ils sont complexes et si différents, Tatiana et Eugène pourraient personnifier la vie et la mort.
Eugène pour moi représente la mort : dépressif aigri, il prend conscience qu’il s’est gâché la vie à lui tout seul. Bravo monsieur ! Par orgueil il se ventait d’avoir tout compris, compris que la vie est injuste, inintéressante et que l’amour n’est qu’illusion. Eugène  dépeint très bien le courant romantique du XIXème, un être mélancolique exaltant le mystère et les remords n’est-ce pas…
Tatiana au contraire, elle, à mes yeux représente la vie, la passion, elle, n’a pas peur des opportunités ! Elle pétille jusqu’au jour ou…
Qu’est-cela fait quand la mort et la vie tombent amoureux ?
C’est terrible et en même temps superbe de voir comment ces deux êtres, ces deux adolescents se sont influencés, et la conclusion qu’ils ont tirés de leur amour passé… Tatiana…oh Tatiana…!

Ce qui est troublant c’est qu’une histoire d’amour d’enfance bouleverse réellement une vie. Ces petites aventures restent à jamais gravées dans nos mémoires !

Mais… chuuuut chut chut je me tais à vous de découvrir la suite si vous le désirez !

Il y également pour le petit plus quelques références artistiques… Oui Tatiana est étudiante en histoire de l’art !

Si vous aimez :

– Une plume originale !
– La poésie
– Un travail de mise en page !
– L’humour
Psychologie des personnages
– Une histoire d’amour poignante : rencontre / illusion / désillusion / retrouvaille
– Les clins d’œil artistiques
– (Une impression d’avoir un classique entre les mains avec des technologies d’aujourd’hui ! Un classique d’aujourd’hui ?! Woaw)

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Le jardin arc-en-ciel
d’Ogawa Ito

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Auteure : Ogawa Ito
Editeur : Philippe Picquier
Parution : Rentrée littéraire 2016
Genre : Roman
ISBN : 2809727228

Résumé : Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre.Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l’intolérance et aux préjugés, d’une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l’amour est l’émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel !

Mon avis :

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Encore un emprunt à la bibliothèque. Je me suis tournée vers ce livre, attirée comme un aimant par la couverture. Euh..oui…j’avais justement très faim à ce moment là…
J’avais également besoin de fraîcheur en plus de fruits rouges, d’un bon livre tout doux qui ne fasse pas trop mal à la tête après la lecture de Lisario ou le plaisir infini des femmes (article précédent). En général il est vrai que dans ces moments là je m’oriente vers les auteurs japonais. Je les trouve plus poétiques, plus proches dans la description des choses du quotidien, donc malgré des histoires légères la narration est loin d’être gnangnan. Mais bien sûr c’est très personnel comme impression ! Peut-être j’ai envie d’exotisme et quand un livre m’évoque des petits sushis, des makis et un bol de riz cela attire mon attention tout simplement…

Le jardin arc-en-ciel nous fait découvrir une histoire d’amour. On est avec deux japonaises Izumi et Chiyoko, avec elles nous avons des hauts et des bas, nous montons des projets d’avenir et nous avons une famille, la famille Takashima. Lesbiennes avec deux enfants, un garçon une fille, ils vont ensemble essayer de se faire accepter dans un petit village assez conservateur au fin fond du Japon, un lieu que Chiyoko nomme « Machu Picchu ». Néanmoins elles dressent fièrement le drapeau arc-en-ciel sur le toit de leur maison ! Mais il faut reconnaître que pour elles la vie n’est pas facile tous les jours. Elles ne peuvent pas se tenir la main en public et ont peur que leurs enfants soient pointés du doigt par les élèves de l’école qu’ils fréquentent. Elles ont l’impression qu’elles ne peuvent pas réellement dévoiler l’amour qu’elles ont l’une pour l’autre devant les autres. C’est injuste, oui ! Et pourtant elles sont bien plus fortes que ça et réalisent ensemble leur rêve. Cette famille est à mes yeux parfaite !
Ce livre est formidable car malgré la différence d’âge et l’homosexualité d’Izumi et Chiyoko nous ne jugeons à aucun moment leur relation. Cet amour semble tellement naturel qu’on ne se dit jamais qu’Izumi est… pédophile ! Pourtant celle-ci est âgée de 16 ans de plus et Chiyoko est encore mineure. Chat chest fort !
Lorsqu’elles décident d’ouvrir une maison d’hôtes l’ambiance est vraiment très agréable. Elles rencontrent énormément de monde. Moi qui suis gourmande, je raffole des descriptions culinaires lorsqu’elles offrent le repas aux convives. En plus le contexte est parfait, on est en pleine nature et il fait bien froid. Ça me donne envie de m’enrouler dans une couverture, d’avoir un chat ronronnant sur mes genoux (et de boire un bon vin chaud haha). En effet ce livre  « ça se mange sans faim », slurp.
Nous rentrons dans les pensées des membres de la famille Takashima. Nous sommes entièrement avec eux, on sent vraiment qu’ils ont un passé un présent un avenir. Ils sont entiers presque palpable ! On les aime avec leurs défauts c’est pourquoi dans le livre j’étais heureuse et triste avec eux ! J’ai presque pas pleuré promis !
Un sujet également bien exploité par l’auteure : l’adolescence ou l’ingratitude des enfants dans la période boutonneuse. Crise ou pas crise on a besoin de s’éloigner de sa famille… même de la famille Takashima ?!!
C’est la faaute aux hormonees Simone.. ?

Et… la fin est magnifique et inattendue… mais…

Mais je n’en dirais pas d’avantage, le résumé en dit bien trop à mon goût !!

Si vous aimez  :

Le Japon
-Avec une histoire d’amour originale
Description de la vie quotidienne
Sentiment juste
-Une histoire ou les personnages réalisent leurs rêves
-Un livre qui parle aussi d’adolescence

PS : Dans ce livre j’ai appris qu’il existe des arcs-en-ciel lunaire !

 

Lisario ou le plaisir infini des femmes
D’Antonella Cilento

antonella-cilento-actes-sud-lisario-et-le-plaisir-infini-des-femmesAuteure : Antonella Cilento
Editeur : Actes Sud
Parution : 2016
Genre : Roman
Pages : 372
ISBN : 233006103X

Résumé : Devenue muette à la suite d’une opération ratée, Lisario Morales, à peine adolescente, lit en cachette Shakespeare et Cervantès et se confie par lettres à la Sainte Vierge. Pour fuir le mariage qu’on veut lui imposer, elle se réfugie, telle l’héroïne d’un conte de fées, dans le sommeil. Jusqu’au jour où un médecin espagnol, qui aspire à se forger une réputation, trouve une thérapie pour le moins inattendue et transgressive…
Situé dans la Naples du XVIIe siècle, celle des peintres caravagesques et de la révolution du plébéien Masaniello, le roman d’Antonella Cilento nous raconte, dans la plus pure tradition picaresque, l’éveil d’une jeune fille éprise de liberté, objet des fantasmes d’un homme qui rêve de percer à jour les mystères du plaisir féminin. Dans une ville où la révolte gronde, où les complots abondent et où la vie la plus rutilante côtoie sans cesse les ombres de la mort, Lisario ou le plaisir infini des femmes nous entraîne dans des aventures à rebondissements où les identités sexuelles se confondent, dans un jeu de miroirs et d’illusions digne des “théâtres pour l’œil” de Jacques Colmar, peintre et scénographe – dont l’existence sera bouleversée par sa rencontre avec Lisario. Un livre qui, sous des dehors intensément romanesques, pose des questions brûlantes et étonnamment actuelles.

Mon avis :

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Voilà un emprunt à la bibliothèque tout à fait dû au hasard. Cette lecture était très particulière… J’ai été surprise car les descriptions sont affreusement crues. Mais en même temps l’histoire est terriblement originale, bien romanesque, et je sais que malgré tout, je ne pourrais pas oublier même si je n’ai pas adhéré à 100%. Alors cela fonctionne ? Oui mais trois petits points… et puis s’en vont… En réalité j’ai aimé, on va dire… la moitié du livre…

Alors qu’est-ce que j’ai aimé ? J’ai apprécié déjà le contexte, Naples au XVIIème ville d’artistes, et l’approche féministe de l’auteure. Un sujet en effet peut-être plus mystérieux à l’époque mais encore… d’actualité ! Sujet sensible et délicat qui pourrait être abordé même au XXIème siècle : le plaisir des femmes ! Quécequéc ?
Lisario est doublement indépendante pour son époque, oui puisqu’elle sait lire et écrire (interdit pour une femme !) mais aussi sait se procurer du plaisir toute seule. Muette, on communique avec elle à travers ses écrits avec la Vierge Marie. J’ai trouvé ce concept très malin, finalement nous sommes les seuls à la connaître. Nous sommes donc touchés par cette confession.
Le début de l’histoire est croustillant ! Nous sommes avec un médecin espagnol qui ne supporte pas la vue du sang, il fuit pour rejoindre Naples en espérant qu’il passera moins pour un charlatan… Sa première patiente est donc Lisario, tombée soit disant dans le coma depuis 6mois. En réalité on sait qu’elle fait cela pour ne pas se marier. Incompétent le médecin trouve des stratagèmes pour simuler son savoir. Il reste des jours entiers enfermé auprès d’elle pour « l’observer », technique évidement médicale… Il ne sait pas trop pourquoi mais  il va la dénuder et la caresser. Attention non,non il ne la viole pas ! C’est là ou c’est un peu surprenant.. « OUlalLllA c’est chaudchaud calientee !! ». Forcément elle réagit de plaisir. Cela dure des jours, elle ne se réveille pas pour autant. Oh la coquine direz vous ! Le médecin ne comprend vraiment pas ces réactions ! Oui, oui c’est un abruti jusqu’au bout ! Il continue tout de même jusqu’au moment ou elle se réveille. Mais il s’en sort bien… comme on sait, elle est muette et ne pourra rien révéler à sa famille. Puis, ho ! Cadeau des parents, ils sont tellement reconnaissants qu’ils proposent au médecin de se marier avec leur fille. Hum, un peu gênant tout ça.
Lisario ne sait pas trop quoi en penser… plutôt contente jusqu’à la ma foi. Seulement elle se rend compte que cet homme est antipathique et lâche comme pas permis. Ils ne s’aiment pas. Nicht !! Elle s’amuse à lui faire comprendre qu’elle n’a pas besoin de lui dans tous les domaines. Il est très surpris et démuni qu’une femme puisse se satisfaire à elle même. Elle est censée être le sexe faible et pourtant elle n’est pas alors.. dépendante des hommes comme il le croyait ?! Mondieu. Il est totalement chamboulé, il devient possessif et est obsédé par cette découverte. Il va tout faire pour comprendre le mécanisme féminin (ce mécanisme infernal gniark). Oui, oui ces expériences sont plutôt.. chaudchaud de night Youhh ! Et malgré tout il ne comprend rien ! (Je me demandais des fois quel genre de livre j’avais dans les mains. Hum hum.)
Lisario en a marre mais heureusement trouve l’amour ailleurs !..mwouais.. auprès d’un peintre…

Ce que je n’ai vraiment pas aimé est la deuxième partie en particulier. Nous plongeons dans le paysage des artistes Caravagesques à Naples. Je reconnais avoir été déçue. J’ai trouvé qu’il y avait vraiment une coupure dans la narration ! Deux livres en un.. sans vraiment de cohérence voila ce que cela m’a fait. Pourquoi un tel changement d’atmosphère, je n’ai pas compris ou j’ai mal compris. Enfin ça ne m’a pas plus et j’ai insisté pour continuer. On est toujours sur un sujet d’identité sexuelle, certes. Homosexualité / transgenre, mais mais la femme dans tout ça ? J’avais l’impression qu’elle n’était pas explicite. Voulait-elle nous dire bin que fssfd que l’amour.. et puis chest tout. Oui voila ça m’a semblé aussi claire que ça ?!
J’ai juste apprécié retrouver les artistes de cette époque cet aspect me parle beaucoup mais pour le reste, pour moi ça n’a pas fonctionné… Un artiste est amoureux de Lisario mais c’est bel et bien le seul lien..
Les expériences du médecin sont de plus en plus macabres à la fin. Beurk beurk je n’ai pas trop aimé terminer pratiquement sur ça ! Attention je suis une âme sensible ! (hahaha)
Finalement le sujet principal reste toujours aussi mystérieux hein ! Peut-être que j’ai rien compris. Si quelqu’un l’a lu je vous en supplie dite moi votre ressenti !
Mais j’ai  écouté l’auteure parler de son livre en interview tellement j’étais intriguée et c’est plutôt chouette (quel jolie accent haha)!  Si vous voulez voir : https://www.youtube.com/watch?v=ywgr0u2SCy0

Si vous aimez :

Contexte XVIIème en Italie
Le caravagisme
Sujet un peu féministe
Questions brûûlantess
et pis c’est tout !

LA RENARDE
de Mary Webb

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Auteure : Mary Webb
Editeur : Archipoche
Parution : dans cet édition mai 2012 / Première édition en 1917
Genre : Roman
Pages : 399
ISBN : 2352873967

Résumé : Hazel Woodus, jeune fille farouche et indépendante, vit avec son père dans la campagne anglaise. Elle aime vagabonder librement, en compagnie de sa renarde apprivoisée. Mais les bois, comme les terres environnantes, appartiennent à Jack Reddin, le hobereau local, chasseur invétéré.
Leurs chemins se croiseront donc, sans doute pour le pire. A moins que le révérend Marston qui souhaite épouser Hazel, ne réussisse à l’éloigner… Mais l’appel de la forêt n’est-il pas le plus puissant ?

Mon avis :

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A vrai dire je n’ai pas pris beaucoup de risques en achetant ce livre. J’étais sûre qu’il me plairait : une renarde, un personnage farouche, une histoire qui se déroule dans la campagne anglaise début du XXème siècle et une description psychologique pointue et un peu d‘amour. Non, en effet il ne pouvait pas me décevoir et il ne m’a pas déçu !

Mais je ne me suis pas sentie proche d’Hazel. Hazel vit à la campagne, libre comme une petite renarde mais étrangère de la société et des croyances autres que les siennes. Elle, elle croit aux légendes « aux meutes de la mort ». Son père est barde et fabrique des cercueils. C’est tout ce que j’aime, ce petit côté celtique. Mais j’avoue avoir eu l’impression d’un surplus de naïveté. J’ai trouvé Hazel un peu trop sotte… Mais cela  fait la beauté du texte car ses réactions sont imprévisibles ! Alors d’accord, j’accepte, je me laisse prendre par l’histoire, Hazel est éduquée à la « Rousseau » ignorante de tout. La description des paysages sont magnifiques. Le livre prend son temps mais on ne s’ennuie pas ! Non, non ! Ici on se rend vraiment compte de l’absurdité des sentiments. Notre penchant naturel est de faire des choses qui ne reposent pas sur la moral ni la raison. Hazel personnifie cette conception, elle écoute son instinct. C’est justement au moment ou elle se soumet aux conventions qu’elle est complètement perdue… On ne comprend pas toujours ses choix, mais il faut bien se dire qu’elle a été éduqué « par la nature » ! J’ai mis un certain temps à comprendre. Oui oui… ce livre m’a fait un peu mijoter haha ! J’ai trouvé très intéressant de voir le recule de cette jeune fille sur le monde. Elle ne comprend pas la religion du christianisme « pourquoi le Christ s’est sacrifié ? C’est horrible », « pourquoi dit-on que les animaux n’ont pas d’âme ? ». Elle revient sur des questionnements essentielles dont les réponses semblent prémâchées. Des choses qu’on s’est imposé comme évidentes mais personne n’est capable de lui répondre…

J’ai adoré le révérend Marston son époux. Tellement gentil et compréhensif ! Sa mère est horripilante digne d’une maman dans les livres de Jane Austen ! Ce personnage m’a beaucoup fait rire ; petite bourgeoise, ridicule à souhait ! Ils sont mes deux chouchous de l’histoire, c’est eux qui m’ont donné vraiment envie de continuer cette aventure.
Tandis que Reddin… est la personne la plus détestable ! Extrêmement possessif désirant ce qu’il n’a pas,  il est le contraire d’Hazel.
Pourtant celle-ci se fait embobiner, il l’a manipule complètement. J’ai apprécié justement voir comment ce personnage s’y prend pour « l’apprivoiser » et lui faire aimer ça. Quel affreux personnage !! Je l’imaginais tout à fait dans un film, la pression qu’il met à Hazel est très présente. Il l’espionne, il lui fait du chantage, il l’a fait mentir… et en même temps il l’attire ? Woaw comment est-ce possible ?

Je n’en dirais pas plus car je ne peux tout simplement pas tout raconter !

Si vous aimez dans les romans :

-La nature, la campagne anglaise
-Une jolie plume
-Le début XXème siècle
-Des questionnements
-Les légendes
-Des personnages haut en couleur
-La manipulation
-Les sentiments
Les renards haha !

 

 

 CONFITEOR DE JAUME CABRE

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Auteur : Jaume Cabré
Editeur : Actes Sud
Collection : Babel
Parution : mai 2016
Genre : Roman
Pages : 928
ISBN : 978233006443

Résumé : Avant que la lucidité ne le quitte à jamais, un homme écrit à la femme de sa vie, dans le chaos absolu d’une mémoire vacillante, de longs feuillets recto/verso. D’un côté : l’itinéraire d’un enfant sans amour et l’affliction d’un adulte sans dieu ; de l’autre : l’histoire du Mal souverain.  Confiteor (en latin : je confesse) est une véritable cathédrale profane.

Mon avis :

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WAHOU ! Encore un coup de cœur ? Oui ce livre fait partie des livres qui ont changé ma vie. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais après cette lecture je me sens plus… sereine ? Cet homme si talentueux ne cherche pas la reconnaissance avant tout mais le bonheur. Enfin bon je m’écarte. Mais il y a tellement de choses à en dire qu’il est difficile de ne pas partir dans tous les sens ! Je vais faire du mieux promis !

Donc Adrià personnage principal écrit un manuscrit sur sa vie qu’il dédie à sa femme avant de perdre la mémoire. J’ai trouvé ça troublant, un homme si cultivé qui perde la mémoire ça brise un cœur de renarde là. (snif, une larme)
Il est vrai qu’il est difficile à lire. L‘écriture n’est pas compliquée mais le fil conducteur peut se suffire à des objets qui nous rapportent à d’autres histoires ! Donc on s’accroche les premiers chapitres mais je jure ça vaut le coup ! Ces histoires sont toujours reliées à sa famille ou à l’origine des objets.
Les objets (dont un violon en particulier) sont importants car le père d’Adrià est antiquaire. Donc ces fils conducteurs nous ramènent, en plus de la vie d’Adrià, à ces trois autres récits :

  • vivre l’angoisse des moines des monastères de Sant Pere del Burgal et de Santa Maria de Gerri;
  • assister au meurtre de Jean-Marie Leclair
  • être témoin de certaines horreurs de la Seconde Guerre Mondiale ! Brr…

En même temps de tout ça des brides de la vie D’Adrià nous est racontées. Oui ça en fait des choses. Comment faîtes-vous Jaume Cabré ? Attention rien n’est gratuit tout est relié. Adrià commence par l’histoire de sa jeunesse, un petit garçon qui vit sans l’amour de ces parents. Eux n’ont qu’une obsession : Le père veut que son fils devienne un humaniste polyglotte et la mère veut faire d’Adria, un virtuose du violon. C’est par là que tout commence, il veut comprendre, nous voulons comprendre.
Pourquoi vit-il sans amour ? Pourquoi ses parents ne s’aiment pas ? Pourquoi cette obsession de la réussite ou d’un idéal de vie pour leur fils ? J’ai aussi beaucoup aimé le lien avec ces objets. Des objets qui ont une vie aussi. Les objets peuvent nous apprendre tellement de choses…
Ce qui m’a troublé également et cette histoire d’amour que vit Adrià avec cette jeune femme. Un amour tellement bien dépeint, un amour véritable qui ne demande rien en retour, un amour qui ne s’explique pas… mais… un amour impossible perpétuellement contrarié… Aïe.

Adrià qui désire son libre arbitre pour sa vie futur va-t-il y parvenir ? Je ne dirais rien mais son choix reste tout de même très surprenant et fait réfléchir !

Structure du récit inattendue
-Des sentiments très forts
-Des secrets de famille
5 siècles d’histoire et pas moins de six pays
-Des personnages complexes
Omniprésence de la culture et de l’art (écriture / musique / dessins)
-Des questionnements sur le bonheur

( Jaume Cabré : Né à Barcelone en 1947, Jaume Cabré est l’un des écrivains catalans les plus reconnus par la critique et les lecteurs, récompensé par le prix d’honneur des Lettres catalanes en 2010. En 2013 a paru chez Actes Sud son roman Confiteor. )

« Mes succès et mes erreurs sont de ma responsabilité, de ma seule responsabilité. Il m’a fallu soixante ans pour voir ça. »

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LA HORDE DU CONTREVENT D’ALAIN DAMASIO

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Auteur : Alain Damasio
Editeur : Gallimard
Collection : Folio SF
Parution : le 05 mars 2015
Genre : Imaginaire
Pages : 736
ISBN : 9782070464234

 Résumé : Un groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.

Mon avis :

etoiles-a

Ce livre m’a été recommandé à la librairie ou j’ai fait mon stage. Et je les remercie pour ça, quel coup de cœur ! Ce roman a reçu le prix de l’imaginaire 2006 et je comprend tout à fait pourquoi, je l’ai dévoré !

Transportée dans une époque inconnu, je me suis retrouvée sur une terre ou le vent ne cesse de souffler dans la même direction. De génération en génération se créent des hordes qui ont le même objectif : trouver l’origine du vent. Je trouve l’histoire très originale, l’univers est complet autant dans le langage employé (des expressions inventés, un accent différent) le contexte et la profondeur des personnages.  Le livre décrit une des dernière horde formée, elle a acquis les compétences et le savoir faire des précédentes. Mais est-ce que cela est vraiment utile de mettre sa vie en jeux en connaissant les risques et sans savoir ce qui les attendent au final ? Absurde mais grandiose !  Faire cela juste par conviction motivés juste par un peu d’espoir et de soif de vérité au péril de leurs vies je trouvais ça très poétique. La plume de l’auteur crée un rythme génial, j’étais véritablement essoufflée à force de lutter contre ces rafales. Les mots sont vraiment minutieusement choisis.
Ensemble les personnages ne forment qu’une masse forte et solide. Alors qu’étudiés séparément ils deviennent  sensible et fragile… ils sont tout simplement humain.
Mes préférés sont :  ¿ Caracole le troubadour (j’adore les troubadours en général haha)  décrit comme un artiste très charismatique, libre et détaché de toute chose et Ω Golgoth le traceur dénué de toute empathie est né pour une seule chose : accomplir cette mission.

J’ai réellement senti que tout était minutieusement travaillé !

-L‘écriture est belle mais largement accessible
-L’univers est original
-Les personnages sont complexes
-La numérotation est inversée (nous sommes aussi à la recherche de l’Extrême-Amont)
-Les noms ne sont pas écrits, se sont des symboles qui les représentent ¿ ϒ Ω (c’est pourquoi il ne faut pas perdre le petit marque page !)
Petit plus => Un CD est fourni avec le livre dans la première édition

« Quand j’en ai assez de l’ombre, je prends un livre dans une salle pour voir un peu de ciel« 

coup-de-coeur