Les oreilles de Buster
de Maria Ernestam

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Auteure : Maria Ernestam
Editeur : Acte Sud
Collection : Babel
Parution : Janvier 2013
Genre : Thriller
ISBN : 9782330014452

Résumé : « J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution. » C’est ainsi que commence le journal intime d’Eva, qui mène une vie bien réglée entre Sven, quelques amies, des enfants et petits-enfants, une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe, et ses rosiers qu’elle choie.

Depuis que sa petite-fille préférée lui a offert un carnet vierge pour ses cinquante-six ans, Eva écrit la nuit, dans l’atmosphère feutrée de la maison endormie. Enfant délaissée et humiliée par une mère fantasque et égoïste, elle a appris tôt à se débrouiller toute seule. Comme avec Buster, le terrible chien des voisins, dont il a bien fallu qu’elle s’occupe pour qu’il cesse de l’effrayer…

Les souvenirs douloureux d’Eva, narrés avec une ironie mordante, mêlent candeur et perversion au fil d’un récit plein de rebondissements qui s’avère une émouvante variation sur la difficulté de combattre les démons du passé.

Mon avis :

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Petite Goupile se promène en librairie et demande conseil… On lui conseille ce livre… D’habitude les policiers je me méfie. Mais il y a énormément de psychologie et on est dans la tête de l’assassin alors je tente et… j’adore !

Dès les premières pages, on sait à quoi s’attendre… Eva vers 60 ans, raconte dans un manuscrit le but de sa vie : tuer sa mère ! On sait en plus que c’est un projet qu’elle met à exécution à ses 17 ans.  Dès lors on ne peut plus s’arrêter… Elle explique que ce meurtre planifié provient d’une haine profonde qu’elle entretient depuis son enfance.
Nous vivons alors avec elle un moment important;  la retranscription d’une obsession et d’un acte criminel, passés sous plusieurs années de silence. Elle parle de sa relation de petite fille avec une mère qui ne l’aime pas. Oui mais pas que… une mère également jalouse, humiliante, égoïste et antipathique bref on comprend qu’Eva est envie de tuer sa mère… Comment quoi pourquoi ? Comment peut-on comprendre l’envie d’un meurtre ? Détester oui… mais tuer ?  Je pense justement que le génie de l’auteure ce trouve là. Eva ne semble pas folle puisqu’on est dans sa tête, on a de la sympathie pour ce personnage ô combien terrifiant pourtant. On trouve ça presque normal qu’elle souhaite se venger (si si je vous jure il faut le lire pour me croire) ! Avec elle on revient en arrière et on s’entraîne doucement. On se venge en premier temps sur les animaux qu’on déteste… puis les gens méchants… Pour rendre justice ? NON. On ne veut pas rendre justice ! Eva imagine à chaque fois qu’il s’agit de sa mère… Alors non, non ce personnage dont on pense si bien connaître est loin, quand on prend du recule, d’être quelqu’un de bien ! Rien de morbide je vous rassure ! Pas de sang, pas de macabre juste de la manipulation pour faire souffrir mentalement ou un petit peu physiquement… Ses idées sont si tordues qu’il y a même des passages… hilarants et cocasses !!
Les dialogues avec sa mère sont mes moments préférés. Elle est horripilante et bien sûr on adore ça ! « Haaan comme elle est méchaante, ooooh plus méchant tu meuuuurs ! Mais quelle *biiip*. »Bref vous avez compris, dans la manière dont Eva l’a décrit, on n’a pas le choix, on ne peux que détester cette femme ! Pourtant elle n’est pas violente… elle n’est pas… alcoolique ni toxico… Elle a un travail, des amis et une famille, une vie alors qui se veut plutôt stable… mais s’est un être sans amour  ! Et pire… son entourage en dehors de son contexte familial l’adore. Une sorte de bipolarité ou d’une hypocrisie sans faille ce qui l’a rend encore plus désagréable.

Obstinée Eva semble croire que la vie ne vaut rien jusqu’au jour ou une lueur d’espoir apparaît, lui laisse entrevoir un peu de repos et lui fait oublier sa quête ultime de vengeance… mais… chhhhut !

 

Ce livre je ne l’ai pas lâché ! Maria Ernestam nous embarque réellement dans cette histoire ! Elle nous surprend, nous déroute nous choque et nous choie ! J’étais vraiment dans la peau d’Eva, j’ai voulu me venger, j’ai voulu qu’on m’aime, et j’ai même voulu oublier ma haine !
La fin est tellement surprenante ! Après je regrette un peu car justement je reproche aux policiers une fin en général que je trouve bâclé ou les révélations arrivent d’un coup.
Il y a en effet un peu « de tropduncoup » pour moi. Mais c’est vraiment le seul point négatif, vraiment !
Alors bon… je n’ai pas grand chose à redire de ce livre formidable !

 

 

Si vous aimez :

Être dans la peau d’un psychopathe (haha)
Psychologie des personnages
-Un style qui mélange candeur et perversion
-Une écriture fluide, un livre qu’on ne veut plus lâcher
– Une histoire qui vous met dans un drôle d’état

 

 

 

Songe à la douceur
de Clémentine Beauvais

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Auteure : Clémentine Beauvais
Editeur : Sarbacane
Parution : 2016
Genre : Roman
ISBN : 2848659084

Résumé : Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?
Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Mon avis :

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Ce livre est pour moi une nouvelle aventure. Il s’agit tout d’abord d’un roman adressé à la jeunesse, écrit en vers avec une mise en page et une typographie particulières. On retrouve des sortes de calligrammes dans le récit, c’est superbe ! Cela peut rebuter, mais alors quel dommage ce serait de passer à côté !! Même moi au départ j’étais sceptique « c’est quoaw çaw ? ». C’est un vrai défi que je me suis lancée. Eeeet… jackpot ! Oui les enfants, Tatie Goupile a eu un vrai coup de cœur ! Un véritable coup de foudre pour cet histoire d’amour ! Meeeeuh non ce n’est pas gnangnan, meeeuh non ce n’est pas que pour les filles ! Alors je dis dommage que l’auteure mette ce livre dans la catégorie jeunesse, dommage que cette auteure mette un peu trop de flonflons sur la couverture qui pourraient rapidement faire dériver les yeux de certains potentiels lecteurs sur d’autres livres. Mais je dis oui à cette superbe mise en page ! Car il est loin d’être aussi naïf qu’il paraît !

Alors tout d’abord il est bien de savoir que cette histoire n’est pas réellement inventée par Clémentine Beauvais. Songe à la douceur reprend le récit et les personnages d’un roman également écrit en vers sous le nom d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine, livre rédigé au début du XIXème siècle. L’auteure s’inspire donc de la trame pour la mettre à notre époque ! Je trouve l’idée formidable j’ai tout de suite pensé au film de Baz Luhrmann Roméo+Juliette avec Léonard Dicaprio.
De ce fait j’ai beaucoup ri, il y a un tel décalage, dans ce livre. J’avais l’impression de lire un classique mais avec des expressions plus sincères, plus actuelles, plus crues que cela m’a fait, oui… rire (mais dans le bon sens on s’entend bien hein !). Je suis peut-être bon public, j’ai peut-être un humour particulier mais je vous jure que j’ai rigolé plus d’une fois ! Car l’écriture est belle, les vers sont originaux, les évènements sont sublimes, l’histoire d’amour est tragique mais les sentiments, les pensées sont sans pudeur. Ils utilisent également les moyens de communication d’aujourd’hui. Imaginez Monsieur Darcy dans Orgueils et préjugés vous parler comme un adolescent du XXIème siècle. Alors un petit texto de Monsieur Darcy ^w^ ?
Je vous arrête tout de suite : cette lecture n’est pas compliquée ! Ça se lit très rapidement, on le dévore, on se laisse porter. La plume est belle mais en même temps très très accessible. Je l’ai lu en une après-midi et j’étais très triste d’avoir terminé… snif que lire après un tel ouvrage ?!

Alors comme le résume si bien le résumé, il s’agit de deux adolescents qui se retrouvent 10ans plus tard dans le métro parisien. Et par moment nous revenons en arrière pour comprendre leur amour passé. On va connaître leur première aventure et finalement savoir qui ils sont. Je me suis moi même surprise de ne pas particulièrement avoir aimé les personnages principaux et pourtant j’ai adoré cette histoire… En effet, on n’a pas envie de leur ressembler (même si je me suis retrouvée dans les deux… autoflagellation haha) ! Les protagonistes ont des personnalités bien dépeintes. On les connaît bien c’est pourquoi on s’autorise je pense à les détester et à la juger. On est dans leurs têtes en même temps que certains dialogues et ils discutent parfois même avec l’auteure !! Et ça c’est fort ! Ils sont complexes et si différents, Tatiana et Eugène pourraient personnifier la vie et la mort.
Eugène pour moi représente la mort : dépressif aigri, il prend conscience qu’il s’est gâché la vie à lui tout seul. Bravo monsieur ! Par orgueil il se ventait d’avoir tout compris, compris que la vie est injuste, inintéressante et que l’amour n’est qu’illusion. Eugène  dépeint très bien le courant romantique du XIXème, un être mélancolique exaltant le mystère et les remords n’est-ce pas…
Tatiana au contraire, elle, à mes yeux représente la vie, la passion, elle, n’a pas peur des opportunités ! Elle pétille jusqu’au jour ou…
Qu’est-cela fait quand la mort et la vie tombent amoureux ?
C’est terrible et en même temps superbe de voir comment ces deux êtres, ces deux adolescents se sont influencés, et la conclusion qu’ils ont tirés de leur amour passé… Tatiana…oh Tatiana…!

Ce qui est troublant c’est qu’une histoire d’amour d’enfance bouleverse réellement une vie. Ces petites aventures restent à jamais gravées dans nos mémoires !

Mais… chuuuut chut chut je me tais à vous de découvrir la suite si vous le désirez !

Il y également pour le petit plus quelques références artistiques… Oui Tatiana est étudiante en histoire de l’art !

Si vous aimez :

– Une plume originale !
– La poésie
– Un travail de mise en page !
– L’humour
Psychologie des personnages
– Une histoire d’amour poignante : rencontre / illusion / désillusion / retrouvaille
– Les clins d’œil artistiques
– (Une impression d’avoir un classique entre les mains avec des technologies d’aujourd’hui ! Un classique d’aujourd’hui ?! Woaw)

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