Les oreilles de Buster
de Maria Ernestam

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Auteure : Maria Ernestam
Editeur : Acte Sud
Collection : Babel
Parution : Janvier 2013
Genre : Thriller
ISBN : 9782330014452

Résumé : « J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution. » C’est ainsi que commence le journal intime d’Eva, qui mène une vie bien réglée entre Sven, quelques amies, des enfants et petits-enfants, une vieille dame acariâtre dont elle s’occupe, et ses rosiers qu’elle choie.

Depuis que sa petite-fille préférée lui a offert un carnet vierge pour ses cinquante-six ans, Eva écrit la nuit, dans l’atmosphère feutrée de la maison endormie. Enfant délaissée et humiliée par une mère fantasque et égoïste, elle a appris tôt à se débrouiller toute seule. Comme avec Buster, le terrible chien des voisins, dont il a bien fallu qu’elle s’occupe pour qu’il cesse de l’effrayer…

Les souvenirs douloureux d’Eva, narrés avec une ironie mordante, mêlent candeur et perversion au fil d’un récit plein de rebondissements qui s’avère une émouvante variation sur la difficulté de combattre les démons du passé.

Mon avis :

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Petite Goupile se promène en librairie et demande conseil… On lui conseille ce livre… D’habitude les policiers je me méfie. Mais il y a énormément de psychologie et on est dans la tête de l’assassin alors je tente et… j’adore !

Dès les premières pages, on sait à quoi s’attendre… Eva vers 60 ans, raconte dans un manuscrit le but de sa vie : tuer sa mère ! On sait en plus que c’est un projet qu’elle met à exécution à ses 17 ans.  Dès lors on ne peut plus s’arrêter… Elle explique que ce meurtre planifié provient d’une haine profonde qu’elle entretient depuis son enfance.
Nous vivons alors avec elle un moment important;  la retranscription d’une obsession et d’un acte criminel, passés sous plusieurs années de silence. Elle parle de sa relation de petite fille avec une mère qui ne l’aime pas. Oui mais pas que… une mère également jalouse, humiliante, égoïste et antipathique bref on comprend qu’Eva est envie de tuer sa mère… Comment quoi pourquoi ? Comment peut-on comprendre l’envie d’un meurtre ? Détester oui… mais tuer ?  Je pense justement que le génie de l’auteure ce trouve là. Eva ne semble pas folle puisqu’on est dans sa tête, on a de la sympathie pour ce personnage ô combien terrifiant pourtant. On trouve ça presque normal qu’elle souhaite se venger (si si je vous jure il faut le lire pour me croire) ! Avec elle on revient en arrière et on s’entraîne doucement. On se venge en premier temps sur les animaux qu’on déteste… puis les gens méchants… Pour rendre justice ? NON. On ne veut pas rendre justice ! Eva imagine à chaque fois qu’il s’agit de sa mère… Alors non, non ce personnage dont on pense si bien connaître est loin, quand on prend du recule, d’être quelqu’un de bien ! Rien de morbide je vous rassure ! Pas de sang, pas de macabre juste de la manipulation pour faire souffrir mentalement ou un petit peu physiquement… Ses idées sont si tordues qu’il y a même des passages… hilarants et cocasses !!
Les dialogues avec sa mère sont mes moments préférés. Elle est horripilante et bien sûr on adore ça ! « Haaan comme elle est méchaante, ooooh plus méchant tu meuuuurs ! Mais quelle *biiip*. »Bref vous avez compris, dans la manière dont Eva l’a décrit, on n’a pas le choix, on ne peux que détester cette femme ! Pourtant elle n’est pas violente… elle n’est pas… alcoolique ni toxico… Elle a un travail, des amis et une famille, une vie alors qui se veut plutôt stable… mais s’est un être sans amour  ! Et pire… son entourage en dehors de son contexte familial l’adore. Une sorte de bipolarité ou d’une hypocrisie sans faille ce qui l’a rend encore plus désagréable.

Obstinée Eva semble croire que la vie ne vaut rien jusqu’au jour ou une lueur d’espoir apparaît, lui laisse entrevoir un peu de repos et lui fait oublier sa quête ultime de vengeance… mais… chhhhut !

 

Ce livre je ne l’ai pas lâché ! Maria Ernestam nous embarque réellement dans cette histoire ! Elle nous surprend, nous déroute nous choque et nous choie ! J’étais vraiment dans la peau d’Eva, j’ai voulu me venger, j’ai voulu qu’on m’aime, et j’ai même voulu oublier ma haine !
La fin est tellement surprenante ! Après je regrette un peu car justement je reproche aux policiers une fin en général que je trouve bâclé ou les révélations arrivent d’un coup.
Il y a en effet un peu « de tropduncoup » pour moi. Mais c’est vraiment le seul point négatif, vraiment !
Alors bon… je n’ai pas grand chose à redire de ce livre formidable !

 

 

Si vous aimez :

Être dans la peau d’un psychopathe (haha)
Psychologie des personnages
-Un style qui mélange candeur et perversion
-Une écriture fluide, un livre qu’on ne veut plus lâcher
– Une histoire qui vous met dans un drôle d’état

 

 

 

Songe à la douceur
de Clémentine Beauvais

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Auteure : Clémentine Beauvais
Editeur : Sarbacane
Parution : 2016
Genre : Roman
ISBN : 2848659084

Résumé : Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?
Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Mon avis :

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Ce livre est pour moi une nouvelle aventure. Il s’agit tout d’abord d’un roman adressé à la jeunesse, écrit en vers avec une mise en page et une typographie particulières. On retrouve des sortes de calligrammes dans le récit, c’est superbe ! Cela peut rebuter, mais alors quel dommage ce serait de passer à côté !! Même moi au départ j’étais sceptique « c’est quoaw çaw ? ». C’est un vrai défi que je me suis lancée. Eeeet… jackpot ! Oui les enfants, Tatie Goupile a eu un vrai coup de cœur ! Un véritable coup de foudre pour cet histoire d’amour ! Meeeeuh non ce n’est pas gnangnan, meeeuh non ce n’est pas que pour les filles ! Alors je dis dommage que l’auteure mette ce livre dans la catégorie jeunesse, dommage que cette auteure mette un peu trop de flonflons sur la couverture qui pourraient rapidement faire dériver les yeux de certains potentiels lecteurs sur d’autres livres. Mais je dis oui à cette superbe mise en page ! Car il est loin d’être aussi naïf qu’il paraît !

Alors tout d’abord il est bien de savoir que cette histoire n’est pas réellement inventée par Clémentine Beauvais. Songe à la douceur reprend le récit et les personnages d’un roman également écrit en vers sous le nom d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine, livre rédigé au début du XIXème siècle. L’auteure s’inspire donc de la trame pour la mettre à notre époque ! Je trouve l’idée formidable j’ai tout de suite pensé au film de Baz Luhrmann Roméo+Juliette avec Léonard Dicaprio.
De ce fait j’ai beaucoup ri, il y a un tel décalage, dans ce livre. J’avais l’impression de lire un classique mais avec des expressions plus sincères, plus actuelles, plus crues que cela m’a fait, oui… rire (mais dans le bon sens on s’entend bien hein !). Je suis peut-être bon public, j’ai peut-être un humour particulier mais je vous jure que j’ai rigolé plus d’une fois ! Car l’écriture est belle, les vers sont originaux, les évènements sont sublimes, l’histoire d’amour est tragique mais les sentiments, les pensées sont sans pudeur. Ils utilisent également les moyens de communication d’aujourd’hui. Imaginez Monsieur Darcy dans Orgueils et préjugés vous parler comme un adolescent du XXIème siècle. Alors un petit texto de Monsieur Darcy ^w^ ?
Je vous arrête tout de suite : cette lecture n’est pas compliquée ! Ça se lit très rapidement, on le dévore, on se laisse porter. La plume est belle mais en même temps très très accessible. Je l’ai lu en une après-midi et j’étais très triste d’avoir terminé… snif que lire après un tel ouvrage ?!

Alors comme le résume si bien le résumé, il s’agit de deux adolescents qui se retrouvent 10ans plus tard dans le métro parisien. Et par moment nous revenons en arrière pour comprendre leur amour passé. On va connaître leur première aventure et finalement savoir qui ils sont. Je me suis moi même surprise de ne pas particulièrement avoir aimé les personnages principaux et pourtant j’ai adoré cette histoire… En effet, on n’a pas envie de leur ressembler (même si je me suis retrouvée dans les deux… autoflagellation haha) ! Les protagonistes ont des personnalités bien dépeintes. On les connaît bien c’est pourquoi on s’autorise je pense à les détester et à la juger. On est dans leurs têtes en même temps que certains dialogues et ils discutent parfois même avec l’auteure !! Et ça c’est fort ! Ils sont complexes et si différents, Tatiana et Eugène pourraient personnifier la vie et la mort.
Eugène pour moi représente la mort : dépressif aigri, il prend conscience qu’il s’est gâché la vie à lui tout seul. Bravo monsieur ! Par orgueil il se ventait d’avoir tout compris, compris que la vie est injuste, inintéressante et que l’amour n’est qu’illusion. Eugène  dépeint très bien le courant romantique du XIXème, un être mélancolique exaltant le mystère et les remords n’est-ce pas…
Tatiana au contraire, elle, à mes yeux représente la vie, la passion, elle, n’a pas peur des opportunités ! Elle pétille jusqu’au jour ou…
Qu’est-cela fait quand la mort et la vie tombent amoureux ?
C’est terrible et en même temps superbe de voir comment ces deux êtres, ces deux adolescents se sont influencés, et la conclusion qu’ils ont tirés de leur amour passé… Tatiana…oh Tatiana…!

Ce qui est troublant c’est qu’une histoire d’amour d’enfance bouleverse réellement une vie. Ces petites aventures restent à jamais gravées dans nos mémoires !

Mais… chuuuut chut chut je me tais à vous de découvrir la suite si vous le désirez !

Il y également pour le petit plus quelques références artistiques… Oui Tatiana est étudiante en histoire de l’art !

Si vous aimez :

– Une plume originale !
– La poésie
– Un travail de mise en page !
– L’humour
Psychologie des personnages
– Une histoire d’amour poignante : rencontre / illusion / désillusion / retrouvaille
– Les clins d’œil artistiques
– (Une impression d’avoir un classique entre les mains avec des technologies d’aujourd’hui ! Un classique d’aujourd’hui ?! Woaw)

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Le jardin arc-en-ciel
d’Ogawa Ito

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Auteure : Ogawa Ito
Editeur : Philippe Picquier
Parution : Rentrée littéraire 2016
Genre : Roman
ISBN : 2809727228

Résumé : Izumi, jeune mère célibataire, rencontre Chiyoko, lycéenne en classe de terminale, au moment où celle-ci s’apprête à se jeter sous un train. Quelques jours plus tard, elles feront l’amour sur la terrasse d’Izumi et ne se quitteront plus. Avec le petit Sosûke, le fils d’Izumi, elles trouvent refuge dans un village de montagne, sous le plus beau ciel étoilé du Japon, où Chiyoko donne naissance à la bien nommée Takara-le-miracle ; ils forment désormais la famille Takashima et dressent le pavillon arc-en-ciel sur le toit d’une maison d’hôtes, nouvelle en son genre.Il y a quelque chose de communicatif dans la bienveillance et la sollicitude avec lesquelles la famille accueille tous ceux qui se présentent : des couples homosexuels, des étudiants, des gens seuls, des gens qui souffrent, mais rien de tel qu’un copieux nabe ou des tempuras d’angélique pour faire parler les visiteurs ! Tous repartiront apaisés. Et heureux.Pas à pas, Ogawa Ito dessine le chemin parfois difficile, face à l’intolérance et aux préjugés, d’une famille pas comme les autres, et ne cesse jamais de nous prouver que l’amour est l’émotion dont les bienfaits sont les plus puissants.On réserverait bien une chambre à la Maison d’hôtes de l’Arc-en-ciel !

Mon avis :

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Encore un emprunt à la bibliothèque. Je me suis tournée vers ce livre, attirée comme un aimant par la couverture. Euh..oui…j’avais justement très faim à ce moment là…
J’avais également besoin de fraîcheur en plus de fruits rouges, d’un bon livre tout doux qui ne fasse pas trop mal à la tête après la lecture de Lisario ou le plaisir infini des femmes (article précédent). En général il est vrai que dans ces moments là je m’oriente vers les auteurs japonais. Je les trouve plus poétiques, plus proches dans la description des choses du quotidien, donc malgré des histoires légères la narration est loin d’être gnangnan. Mais bien sûr c’est très personnel comme impression ! Peut-être j’ai envie d’exotisme et quand un livre m’évoque des petits sushis, des makis et un bol de riz cela attire mon attention tout simplement…

Le jardin arc-en-ciel nous fait découvrir une histoire d’amour. On est avec deux japonaises Izumi et Chiyoko, avec elles nous avons des hauts et des bas, nous montons des projets d’avenir et nous avons une famille, la famille Takashima. Lesbiennes avec deux enfants, un garçon une fille, ils vont ensemble essayer de se faire accepter dans un petit village assez conservateur au fin fond du Japon, un lieu que Chiyoko nomme « Machu Picchu ». Néanmoins elles dressent fièrement le drapeau arc-en-ciel sur le toit de leur maison ! Mais il faut reconnaître que pour elles la vie n’est pas facile tous les jours. Elles ne peuvent pas se tenir la main en public et ont peur que leurs enfants soient pointés du doigt par les élèves de l’école qu’ils fréquentent. Elles ont l’impression qu’elles ne peuvent pas réellement dévoiler l’amour qu’elles ont l’une pour l’autre devant les autres. C’est injuste, oui ! Et pourtant elles sont bien plus fortes que ça et réalisent ensemble leur rêve. Cette famille est à mes yeux parfaite !
Ce livre est formidable car malgré la différence d’âge et l’homosexualité d’Izumi et Chiyoko nous ne jugeons à aucun moment leur relation. Cet amour semble tellement naturel qu’on ne se dit jamais qu’Izumi est… pédophile ! Pourtant celle-ci est âgée de 16 ans de plus et Chiyoko est encore mineure. Chat chest fort !
Lorsqu’elles décident d’ouvrir une maison d’hôtes l’ambiance est vraiment très agréable. Elles rencontrent énormément de monde. Moi qui suis gourmande, je raffole des descriptions culinaires lorsqu’elles offrent le repas aux convives. En plus le contexte est parfait, on est en pleine nature et il fait bien froid. Ça me donne envie de m’enrouler dans une couverture, d’avoir un chat ronronnant sur mes genoux (et de boire un bon vin chaud haha). En effet ce livre  « ça se mange sans faim », slurp.
Nous rentrons dans les pensées des membres de la famille Takashima. Nous sommes entièrement avec eux, on sent vraiment qu’ils ont un passé un présent un avenir. Ils sont entiers presque palpable ! On les aime avec leurs défauts c’est pourquoi dans le livre j’étais heureuse et triste avec eux ! J’ai presque pas pleuré promis !
Un sujet également bien exploité par l’auteure : l’adolescence ou l’ingratitude des enfants dans la période boutonneuse. Crise ou pas crise on a besoin de s’éloigner de sa famille… même de la famille Takashima ?!!
C’est la faaute aux hormonees Simone.. ?

Et… la fin est magnifique et inattendue… mais…

Mais je n’en dirais pas d’avantage, le résumé en dit bien trop à mon goût !!

Si vous aimez  :

Le Japon
-Avec une histoire d’amour originale
Description de la vie quotidienne
Sentiment juste
-Une histoire ou les personnages réalisent leurs rêves
-Un livre qui parle aussi d’adolescence

PS : Dans ce livre j’ai appris qu’il existe des arcs-en-ciel lunaire !

 

Lisario ou le plaisir infini des femmes
D’Antonella Cilento

antonella-cilento-actes-sud-lisario-et-le-plaisir-infini-des-femmesAuteure : Antonella Cilento
Editeur : Actes Sud
Parution : 2016
Genre : Roman
Pages : 372
ISBN : 233006103X

Résumé : Devenue muette à la suite d’une opération ratée, Lisario Morales, à peine adolescente, lit en cachette Shakespeare et Cervantès et se confie par lettres à la Sainte Vierge. Pour fuir le mariage qu’on veut lui imposer, elle se réfugie, telle l’héroïne d’un conte de fées, dans le sommeil. Jusqu’au jour où un médecin espagnol, qui aspire à se forger une réputation, trouve une thérapie pour le moins inattendue et transgressive…
Situé dans la Naples du XVIIe siècle, celle des peintres caravagesques et de la révolution du plébéien Masaniello, le roman d’Antonella Cilento nous raconte, dans la plus pure tradition picaresque, l’éveil d’une jeune fille éprise de liberté, objet des fantasmes d’un homme qui rêve de percer à jour les mystères du plaisir féminin. Dans une ville où la révolte gronde, où les complots abondent et où la vie la plus rutilante côtoie sans cesse les ombres de la mort, Lisario ou le plaisir infini des femmes nous entraîne dans des aventures à rebondissements où les identités sexuelles se confondent, dans un jeu de miroirs et d’illusions digne des “théâtres pour l’œil” de Jacques Colmar, peintre et scénographe – dont l’existence sera bouleversée par sa rencontre avec Lisario. Un livre qui, sous des dehors intensément romanesques, pose des questions brûlantes et étonnamment actuelles.

Mon avis :

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Voilà un emprunt à la bibliothèque tout à fait dû au hasard. Cette lecture était très particulière… J’ai été surprise car les descriptions sont affreusement crues. Mais en même temps l’histoire est terriblement originale, bien romanesque, et je sais que malgré tout, je ne pourrais pas oublier même si je n’ai pas adhéré à 100%. Alors cela fonctionne ? Oui mais trois petits points… et puis s’en vont… En réalité j’ai aimé, on va dire… la moitié du livre…

Alors qu’est-ce que j’ai aimé ? J’ai apprécié déjà le contexte, Naples au XVIIème ville d’artistes, et l’approche féministe de l’auteure. Un sujet en effet peut-être plus mystérieux à l’époque mais encore… d’actualité ! Sujet sensible et délicat qui pourrait être abordé même au XXIème siècle : le plaisir des femmes ! Quécequéc ?
Lisario est doublement indépendante pour son époque, oui puisqu’elle sait lire et écrire (interdit pour une femme !) mais aussi sait se procurer du plaisir toute seule. Muette, on communique avec elle à travers ses écrits avec la Vierge Marie. J’ai trouvé ce concept très malin, finalement nous sommes les seuls à la connaître. Nous sommes donc touchés par cette confession.
Le début de l’histoire est croustillant ! Nous sommes avec un médecin espagnol qui ne supporte pas la vue du sang, il fuit pour rejoindre Naples en espérant qu’il passera moins pour un charlatan… Sa première patiente est donc Lisario, tombée soit disant dans le coma depuis 6mois. En réalité on sait qu’elle fait cela pour ne pas se marier. Incompétent le médecin trouve des stratagèmes pour simuler son savoir. Il reste des jours entiers enfermé auprès d’elle pour « l’observer », technique évidement médicale… Il ne sait pas trop pourquoi mais  il va la dénuder et la caresser. Attention non,non il ne la viole pas ! C’est là ou c’est un peu surprenant.. « OUlalLllA c’est chaudchaud calientee !! ». Forcément elle réagit de plaisir. Cela dure des jours, elle ne se réveille pas pour autant. Oh la coquine direz vous ! Le médecin ne comprend vraiment pas ces réactions ! Oui, oui c’est un abruti jusqu’au bout ! Il continue tout de même jusqu’au moment ou elle se réveille. Mais il s’en sort bien… comme on sait, elle est muette et ne pourra rien révéler à sa famille. Puis, ho ! Cadeau des parents, ils sont tellement reconnaissants qu’ils proposent au médecin de se marier avec leur fille. Hum, un peu gênant tout ça.
Lisario ne sait pas trop quoi en penser… plutôt contente jusqu’à la ma foi. Seulement elle se rend compte que cet homme est antipathique et lâche comme pas permis. Ils ne s’aiment pas. Nicht !! Elle s’amuse à lui faire comprendre qu’elle n’a pas besoin de lui dans tous les domaines. Il est très surpris et démuni qu’une femme puisse se satisfaire à elle même. Elle est censée être le sexe faible et pourtant elle n’est pas alors.. dépendante des hommes comme il le croyait ?! Mondieu. Il est totalement chamboulé, il devient possessif et est obsédé par cette découverte. Il va tout faire pour comprendre le mécanisme féminin (ce mécanisme infernal gniark). Oui, oui ces expériences sont plutôt.. chaudchaud de night Youhh ! Et malgré tout il ne comprend rien ! (Je me demandais des fois quel genre de livre j’avais dans les mains. Hum hum.)
Lisario en a marre mais heureusement trouve l’amour ailleurs !..mwouais.. auprès d’un peintre…

Ce que je n’ai vraiment pas aimé est la deuxième partie en particulier. Nous plongeons dans le paysage des artistes Caravagesques à Naples. Je reconnais avoir été déçue. J’ai trouvé qu’il y avait vraiment une coupure dans la narration ! Deux livres en un.. sans vraiment de cohérence voila ce que cela m’a fait. Pourquoi un tel changement d’atmosphère, je n’ai pas compris ou j’ai mal compris. Enfin ça ne m’a pas plus et j’ai insisté pour continuer. On est toujours sur un sujet d’identité sexuelle, certes. Homosexualité / transgenre, mais mais la femme dans tout ça ? J’avais l’impression qu’elle n’était pas explicite. Voulait-elle nous dire bin que fssfd que l’amour.. et puis chest tout. Oui voila ça m’a semblé aussi claire que ça ?!
J’ai juste apprécié retrouver les artistes de cette époque cet aspect me parle beaucoup mais pour le reste, pour moi ça n’a pas fonctionné… Un artiste est amoureux de Lisario mais c’est bel et bien le seul lien..
Les expériences du médecin sont de plus en plus macabres à la fin. Beurk beurk je n’ai pas trop aimé terminer pratiquement sur ça ! Attention je suis une âme sensible ! (hahaha)
Finalement le sujet principal reste toujours aussi mystérieux hein ! Peut-être que j’ai rien compris. Si quelqu’un l’a lu je vous en supplie dite moi votre ressenti !
Mais j’ai  écouté l’auteure parler de son livre en interview tellement j’étais intriguée et c’est plutôt chouette (quel jolie accent haha)!  Si vous voulez voir : https://www.youtube.com/watch?v=ywgr0u2SCy0

Si vous aimez :

Contexte XVIIème en Italie
Le caravagisme
Sujet un peu féministe
Questions brûûlantess
et pis c’est tout !

Zizi Chauve-Souris T1-T2

Scénariste : Lewis Trondheim
Illustrateur : Guillaume Bianco
Editeur : Dupuis
Parution : T1 en 2012 et T2 en 2016

4ème de couverture : Et si la meilleure amie des petites filles n’était ni un poney rose, ni une licorne blanche… (mais une chose chauve-souris bien sûr !)

Mon avis :

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Etant une grande fan des dessins de Guillaume Bianco je me suis jetée sur celui-ci en bibliothèque !

Je m’attendais pas du tout à ça. Je ne m’attendais pas à autant rire et autant m’éclater en lisant cette BD ! C’est de la mignontitude intelligente ? Hey j’ai créée une nouvelle catégorie ! J’adore les dessins comme vous le savez, je retrouve à la fois la douceur de Sempé, du gothique à la Allan Poe et du Brassens…(mépourquoa?!) Sans doute par rapport aux autres BD de Guillaume Bianco ! Enfin bref j’adore, on sent que l’illustrateur aime ça et je me laisse emporter !
Les scénarios du célèbre Lewis Trondheim sont parfaits ici à mes yeux ! L’histoire est toute naïve ; une petite fille Suzie se retrouve avec une chauve-souris dans la crinière. Elle l’a fait passer pour une barrette et tout le monde l’a trouve très cool ! Une petite fille avec la tête dans les nuages loin d’être sage à l’école mais avec une imagination débordante et une répartie d’enfer. Nous partageons ses aventures ses inquiétudes et ses bêtises ! Oui décidément Suzie se retrouve souvent au bureau du directeur, dit des choses gênantes devant les nouveaux compagnons de sa maman et cherche la plupart du temps à les faire fuir.
Mais Suzie aussi appelée Zizi a également des supers pouvoirs grâce à cette chauve-souris, elle peut grâce à voir la nuit ! Trop côôôwl ❤

Je ne vois pas quoi dire d’autre, c’est un coup de cœur donc évidemment je vous la recommande vivement ! Aussi touchant que Pico Bogue, elle s’adresse à un large public !
Si vous aimez les BD :
Jeunesse / adulte
Drôle et intelligente
Loufoque
-Ou on retombe en enfance
-Des personnages attachants

« -Pff… les chats sont des animaux idiots… Même les chevaux sont plus intelligents ! Sans parler des chiens qui les surpassent ! Ni même les dauphins !… En fait, plus un animal est intelligent, plus on peut le dresser facilement… Et l’homme étant le plus intelligent de tous, c’est aussi le plus manipulable… quel paradoxe…
-Pauvre petit chat
-Pauvres petits hommes…« 

 

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LA RENARDE
de Mary Webb

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Auteure : Mary Webb
Editeur : Archipoche
Parution : dans cet édition mai 2012 / Première édition en 1917
Genre : Roman
Pages : 399
ISBN : 2352873967

Résumé : Hazel Woodus, jeune fille farouche et indépendante, vit avec son père dans la campagne anglaise. Elle aime vagabonder librement, en compagnie de sa renarde apprivoisée. Mais les bois, comme les terres environnantes, appartiennent à Jack Reddin, le hobereau local, chasseur invétéré.
Leurs chemins se croiseront donc, sans doute pour le pire. A moins que le révérend Marston qui souhaite épouser Hazel, ne réussisse à l’éloigner… Mais l’appel de la forêt n’est-il pas le plus puissant ?

Mon avis :

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A vrai dire je n’ai pas pris beaucoup de risques en achetant ce livre. J’étais sûre qu’il me plairait : une renarde, un personnage farouche, une histoire qui se déroule dans la campagne anglaise début du XXème siècle et une description psychologique pointue et un peu d‘amour. Non, en effet il ne pouvait pas me décevoir et il ne m’a pas déçu !

Mais je ne me suis pas sentie proche d’Hazel. Hazel vit à la campagne, libre comme une petite renarde mais étrangère de la société et des croyances autres que les siennes. Elle, elle croit aux légendes « aux meutes de la mort ». Son père est barde et fabrique des cercueils. C’est tout ce que j’aime, ce petit côté celtique. Mais j’avoue avoir eu l’impression d’un surplus de naïveté. J’ai trouvé Hazel un peu trop sotte… Mais cela  fait la beauté du texte car ses réactions sont imprévisibles ! Alors d’accord, j’accepte, je me laisse prendre par l’histoire, Hazel est éduquée à la « Rousseau » ignorante de tout. La description des paysages sont magnifiques. Le livre prend son temps mais on ne s’ennuie pas ! Non, non ! Ici on se rend vraiment compte de l’absurdité des sentiments. Notre penchant naturel est de faire des choses qui ne reposent pas sur la moral ni la raison. Hazel personnifie cette conception, elle écoute son instinct. C’est justement au moment ou elle se soumet aux conventions qu’elle est complètement perdue… On ne comprend pas toujours ses choix, mais il faut bien se dire qu’elle a été éduqué « par la nature » ! J’ai mis un certain temps à comprendre. Oui oui… ce livre m’a fait un peu mijoter haha ! J’ai trouvé très intéressant de voir le recule de cette jeune fille sur le monde. Elle ne comprend pas la religion du christianisme « pourquoi le Christ s’est sacrifié ? C’est horrible », « pourquoi dit-on que les animaux n’ont pas d’âme ? ». Elle revient sur des questionnements essentielles dont les réponses semblent prémâchées. Des choses qu’on s’est imposé comme évidentes mais personne n’est capable de lui répondre…

J’ai adoré le révérend Marston son époux. Tellement gentil et compréhensif ! Sa mère est horripilante digne d’une maman dans les livres de Jane Austen ! Ce personnage m’a beaucoup fait rire ; petite bourgeoise, ridicule à souhait ! Ils sont mes deux chouchous de l’histoire, c’est eux qui m’ont donné vraiment envie de continuer cette aventure.
Tandis que Reddin… est la personne la plus détestable ! Extrêmement possessif désirant ce qu’il n’a pas,  il est le contraire d’Hazel.
Pourtant celle-ci se fait embobiner, il l’a manipule complètement. J’ai apprécié justement voir comment ce personnage s’y prend pour « l’apprivoiser » et lui faire aimer ça. Quel affreux personnage !! Je l’imaginais tout à fait dans un film, la pression qu’il met à Hazel est très présente. Il l’espionne, il lui fait du chantage, il l’a fait mentir… et en même temps il l’attire ? Woaw comment est-ce possible ?

Je n’en dirais pas plus car je ne peux tout simplement pas tout raconter !

Si vous aimez dans les romans :

-La nature, la campagne anglaise
-Une jolie plume
-Le début XXème siècle
-Des questionnements
-Les légendes
-Des personnages haut en couleur
-La manipulation
-Les sentiments
Les renards haha !

 

 

GARULFO T1 à T6

Dessin : Bruna Maïorana
Couleurs : Thierry Leprévost
Scénariste : Alain Ayroles
Editeur : Delcourt
Collection : Terres de légendes
Parution : 1er tome paru en mai 2001 et le dernier en mai 2002

Résumé : Garulfo est un conte moderne qui pastiche les éléments de plusieurs contes célèbres. Garulfo est une grenouille qui souhaite devenir un Homme car il admire ces bipèdes au sommet de la chaîne alimentaire et leurs inventions. Avec l’aide d’une sorcière, il parvient à se transformer en prince par le baiser d’une servante. Se faisant involontairement une place dans la vie de château, Garulfo s’aperçoit vite du penchant des Hommes à tourmenter leur prochain. La série envoie clairement un message écologiste et humaniste  où des animaux innocents parviennent à rétablir une certaine idée de justice au sein du royaume des Hommes.

Mon avis :

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Oui, en effet ce n’est pas une BD récente mais je l’ai lu il y a peu alors comment passer à côté ? Emprunt à la bibliothèque j’ai savourée littéralement cette série. Oui la BD c’est de la lecture et bien plus encore ! Alors ici je ne vais pas résumer tome par tome mais parler de ce qui m’a marqué !

Inspirée de contes de princes et de princesses, l’histoire au départ peut sembler enfantine… Non non ! Elle s’adresse bien aux ado/adultes ! Il y a énormément de références et c’est un vrai régal de voir comment Alain Ayroles se les ai approprié ! Je confirme avec Garulfo que ce scénariste est une valeur sûre (il a également réalisé de Cape et de crocs) !

Garulfo est une petite grenouille bien distinguée (ps : ATTENTION la grenouille n’est pas la dame du crapaud !!  Garulfo nous le rappelle bien ^w^!) qui parle en prose et admire les Hommes. D’ailleurs son rêve est d’en être un ! Grâce à la sorcière son vœu le plus cher est exaucé, le voila beau prince mais…pouetpouet quelle déception ! Là c’est un vrai régal !
Hilarant au possible, car Garulfo a forcément énormément de recule et aucune connaissance sur le fonctionnement de leur monde. Alors il pose des questions toutes naïves sur la monarchie et l’injustice faîte. (Vous l’aurez compris les humains sont loin d’être mis en valeurs dans cette BD.) Les Hommes ne lui répondent que de manière absurde et barbare ! Ils sont sales, parlent mal, ne sont pas galant et en plus…HO MON DIEU.. il retrouve son meilleur ami le canard dans un… plat du roi… (Imaginez la tête des convives en voyant cet être élégant pleurer devant leur festin ! Un végétarien c’est quoah ?!)
Enfin bref Garulfo ne se plaît pas du tout dans ce monde là et veut retrouver son aspect d’origine. Que d’aventure pour retrouver la sorcière ! J’ai vraiment rigolé du début à la fin !

Dans le tome 3 se déroule un autre événement qui m’a beaucoup plus ! La sorcière pour se venger de l’orgueil et de la méchanceté du prince va échanger le corps de celui-ci avec  Garulfo. Et c’est reparti pour un tour !! Alors cette fois-ci nous avons une toute petite grenouille mignonne mais… affreusement grossière et un beau prince affreusement… gentil Haha (en plus il aime la nature les animaux.. il est parfait ! Bin oui.. mais.. il mange des mouches…). Ils vont devoir trouver une solution ensemble alors qu’ils ne se supportent pas. Comble, Garulfo est bien plus humain que ce prince, fourbe, lâche, moqueur et orgueilleux. Leur cohabitation est assez poilante !
Puis Garulfo a bien plus de succès auprès de ces demoiselles que le prince. Un joli petit clin d’œil à Cyrano de Bergerac, car lorsque le véritable prince parle… tout leur plan s’écroule.

 

J’ai trouvé que cette BD avait beaucoup de charme, de poésie, d’humour, d’intelligence et d’originalité ! Je ne me suis pas ennuyée, j’ai vite voulu connaître la suite et plus vite que ça !

La seule chose que je reproche à cette série.. les dessins qui ont un peu vieilli aujourd’hui ! Mais il y énormément de petits détails dans les cases qu’on ne se lasse pas de regarder. Ne vous arrêtez pas à ça car le reste prend largement le dessus à mon avis !
Si vous aimez les BD :

Drôle (trèstrès)
-Un bon scénario
-Une histoire aussi rebondissante que Garulfo
-Des personnages attachants
Message écologiste et humaniste sans prétention
Bourré de références
(Il faut savoir qu’il y a deux intégrales qui sont sortis en 2003-2004)

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